03.09.2007

Rubrique: Poésie

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 Sur un tableau de: Brita Seifert - Solitude egyptien

Présence, absence

Ses grands yeux s’ouvrent sur un monde inconnu

La lumière est forte, trop puissante et crue.

Jusqu’alors, il flottait et n’entendait qu’au loin.

Tout s’agite. Se bouscule. Il n’est pas bien.

Présence, naissance…

.

Oublier ce monde si doux. Chaud et liquide.

Cette voix aimante et sacrée qui lui parlait

Le rassurait tout doucement et lui chantait

Un monde tranquille mais un monde si vide.

Naissance, inconscience…  

.

Désormais, il aurait froid, il aurait faim à jamais.

Il lui faudra grandir, vivre un avenir.

Il lui faudra apprendre, comprendre. Aimer !

Détester aussi et peut-être même haïr.

Bon sens, distance

.

Il faudra qu’il marche. Allez de l’avant. Fuir !

Se battre aussi. Prendre le temps et réfléchir.

Aimera, détestera ce monde imposé.

Aimera la femme et en être aimé.

Adorera donner la vie à ce bébé

Présence, constance…

.

Puis, lors d’une simple journée, Il disparaîtra.

S’en ira comme s’en va l’été. Laissant ses fruits.

Et c’est un autre que lui qui les cueillera.

Ainsi va le temps passant. Ainsi va la vie.

Naissance, présence et puis, absence…

Gérard Brazon

28.08.2007

Rubrique: Linguistique 2

FranQuébec.zip

Dans la même veine que la note précédente, je vous propose un petit dictionnaire mis au point pour permettre aux "pauvres Français" débordés par les anglicismes dans les médias ou dans les pubs, de pouvoir réagir. Ce qui est amusant (triste diront d'autres...) c'est que ce soit nos cousins du quebec qui nous donnent les outils.

A tout hasard, même si tout le monde s'en moque un peu, il y a une loi de 1994 (loi Toubon) qui interdit l'utilisation d'anglicismes et particulièrement dans le monde du travail. Hélas aucune plainte n'émerge dénonçant cette nouvelle dictature de la langue.

Qui se souvient encore que c'est le Français qui est la langue officielle de l'ONU?

Qui s'émeut de voir la place du français diminuée comme "peau de chagrin" dans les instances Européenne?

Même pas nos élus!  FranQuébec.zip

Gérard Brazon

Rubrique: Linguistique

Très souvent voire trop souvent, une certaine "élite" autoproclamée, dans les médias ou dans les entreprises , considère que si vous ne parlez pas le Franglais  couramment vous êtes, par définition, un ringard au mieux, un franchouillard au pire. Donc pour tous ceux qui aimerait que l'on cesse de matraquer notre belle langue au nom du "modernisme" voici un petit logiciel sympa de traduction:    FranGlais.zip

Gérard Brazon

14.08.2007

Rubrique/ Poésie: Si seule

8668ca9af08292ce2119b486a8f8d1a3.jpgEn face d’elle. A la table d’un café !

Connu au hasard d’un chemin croisé.

Elle ne savait pas ce qu’elle voulait

Où plutôt savait jusqu’où elle irait.

Un échange et puis elle l’oublierait

Vite, très vite. Pour se protéger.

Pour ne rien commencer. Rien entamer.

Rien faire qui puisse troubler son âme.

L’engager, réveiller cette flamme.

-

Elle ne voulait plus souffrir. Se noyer.

Dans des lourds sentiments incontrôlés.

Lourds de conséquences. Etre submergée

Comme elle le fut, il y a des années…

-

Il parlait de lui. Comme tous les hommes !

Pourquoi et comment… il était en somme.

-

Elle ? Elle vérifiait ses griffes affûtées.

Contrôlait ses émotions et l’instant.

Ne rien céder. Ne rien dire d’engageant

Ne pas dire qu’elle avait envie d’aimer…

-

Elle vivait seule avec son enfant.

Un enfant de l’amour et de tourments.

Elle ne voulait plus souffrir. Se noyer.

Etre engloutie.  Etre submergée.

Alors…

Elle ne savait pas ce qu’elle voulait

Mais elle savait jusqu’où elle irait.

Un échange et puis elle l’oublierait

Vite, très vite. Pour se protéger.

Gérard Brazon

10.08.2007

Rubrique Poésie: Rencontre

 Sur un tableau d'Alberto Pancorbo El Beso:

a44b375ee6874d4caca54d82dd9498a3.jpgIl n’avait pas vraiment d’importance

Le savait et ne s’en souciait guère

Il butinait la vie. De tous ses sens,

Et bêtement, en était assez fier.

Hymne à la joie, brûler tous ses instants.

Il savait d’où il venait : Le néant !

Mais refusait le décompte du temps.

-

Les ventres des femmes le soulageaient.

La douce chaleur de leurs baisers

Apaisait son âme si torturée.

Elles seules, pouvaient le rassurer.

Donner un sens, une raison d’exister.

Non, il n’était pas vraiment important

Il savait d’où il venait : Le néant

Mais refusait le décompte du temps.

-

Elle l’avait rencontré par hasard. Sur un banc.

Elle lui avait parlé. Il était séduisant,

Avec son regard doux, tendre si  émouvant.

Longtemps qu’elle n’avait pas aimé à cet instant.

Pour ne pas l’écouter, rêver, prendre son temps !

-

Ils n’avaient pas vraiment d’importance

Le savaient et ne s’en souciaient guère.

Ils savaient d’où ils venaient : Le néant !

Et refusaient le décompte du temps.

Et les aléas de toute cette misère.

Les hommes sont-ils donc que des enfants ?

En recherchent d’un Paradis perdu ?

Craignant un avenir borné par le temps,

Inventant des Dieux monstres qui les tuent ?

Gérard Brazon

03.08.2007

Souvenirs de vacances

La 921

Au bord de l’Eure et Loir, et ses plaines de blés.

La 921, de Chartres à  Illiers.

Des Champs  à pertes de vue. Au loin, les clochers

De villages se dressent encore comme des piquets

Vénérables et  témoins d’un temps dépassé.

D’énormes machines fauchent dans la poussière

Comme de grands insectes géants fantastiques,

Remplacant les femmes issue de la terre,

La faux des hommes pour un travail magnifique:

Récolter le blé! La mère de tous les pains.

J’imagine la fatigue dans les villages.

La rudesse, l’économie du langage.

Les regards qui en disent long comme les mains !

Habituées aux durs labeurs. Loin des citadins.

Et les regards secs mais francs et malins.

-

Le temps passé amenant la modernité.

A évacué cette marée paysanne.

Et les fêtes ont laissé place à la télé.

Restent les anciens sur la place qui flânent.

Et qui nous regardent passer. Déjà absents

De cet autre monde de ses nouveaux tourments.

-

Au bord de l’Eure et Loir et ses plaines de blés

La 921 de Chartres à Illiers.

Au-delà de Brou, il y a le Loir et Cher.

Les plaines se font collines aux arbres verts.

Les saisons ont les couleurs des arbres fruitiers.

Un autre monde, une autre identité.

C’est ici, dans un village, auprès d’un clocher,

Qui sonne les heures et demi-heures passées,

Que je retrouve tout ce que j’avais oublié.

Des odeurs fortes de la terre après la pluie.

Aux arbres escaladés pour cueillir les fruits.

Et les odeurs de la  confiture sucrées

-

La 921 de Chartres à Illiers.

Au-delà de Brou, il y a le Loir et Cher.

Les plaines se font collines aux arbres verts

Il y  fait si bon vivre ces moments d’été.

Gérard Brazon

14.06.2007

Poésie: La femme et l'enfant

45b5b4e0d158bb0875ac0a8288314aaf.jpgElle en avait trente six, il avait dix sept ans.

Lui se baladait, place de la Bastille.

Et elle, attendait sagement sur un banc.

Comment, pourquoi se sont-ils rencontrés ?

Vendeuse de fripes et de guenilles.

Comment, pourquoi se sont-ils regardés ?

Lui, ce maigre gamin désemparé !

-

Venue de sa lointaine province.

Elle vivait seule avec un enfant.

Recherchait une sorte de Prince.

Un vieux rêve de ses quinze ans.

Un idéal mari dans ses amants,

Vite épuisés, trop encombrants.

Elle était presque vieille et lui qu’un enfant.

Et alors, pourquoi pas un innocent.

Il était gentil, doux et insouciant.

Sans griffes aiguisées et si prévisible.

Un cœur fragile. Une tendresse possible.

Pour une âme blessée !

-

Il voulait être un homme, se voulait son amant.

Elle donna la pomme. Pour mieux le consommer.

En tendre équilibre dans cette nuit d’été.

Elle en avait trente six, il avait dix sept ans.

Au petit matin, ils se découvrent emmêlés.

Lui, se sentait si fier et tellement puissant.

Un homme ! En devenant son bel amant.

Ignorant la douce indulgence.

Qu’elle avait donné à l’innocence.

Quarante ans déjà ! Où sont donc ces deux amants.

La vie qui  roule. Les années perdues à jamais !

Gérard Brazon

Sur une toile de: Femme au matin Giovanni-Giardini

29.05.2007

Poéme: Pour un continent...

Afrique

Elle avait donné la vie et fait des enfants.

Elle avait été si belle pendant longtemps 

Depuis, ses enfants ne la voyaient plus,

L’ignoraient, ne l’entendaient plus guère

Inconscients! Certains ne mangeaient même plus.

Trop soucieux de leurs jeux de guerre

Les yeux abîmés, le ventre gonflé.

Elle a été si belle et pendant longtemps !

Recouverte des plus beaux habits verts

Enroulée dans un écrin bleu diamant

Le monde en désir voulait lui plaire !

Accueillante, naïve, elle donnait

La douceur et la joie de sa terre,

Chaude et si douce. Elle les aimait !

Elle avait donné la vie et fait des enfants

Hélas, ses enfants ne le savaient plus.

Ignorants ! Ne l’entendaient plus guère.

Egoïsmes ! Beaucoup ne mangeaient plus.

Soucieux ! Trop absorbés par leurs guerres

Pour de l’or noir ou de précieuses pierres

Désormais, même sa peau se dessèche

Perd de son éclat et se transforme.

Se fissure pour devenir rêche.

En pauvre terre sans foi. Sans norme

Sa parure s’étiole peu à peu,

Demain sera encore la proie du feu

Demain ne sera plus que du sable.

Pour les infortunés. Les affamés.

Pour ses enfants qui ont tout oubliés.

Et le sacré, la joie et la peine.

Leur terre, leur mère : l’Africaine !

Et  tous ses enfants ne la voyaient plus

Ils l’ignoraient, ne l’entendaient guère

Trop inconscients! Certains ne mangeaient plus.

Trop soucieux de leurs jeux de guerre

Les yeux abîmés, le ventre gonflé.

Alors, c’est dans des camps, qu ils s’entassaient !

Elle avait été si belle pendant longtemps ! 

Elle avait donné la vie et fait des enfants.

Afrique, C’est toi qu’ils tuent maintenant !

Gérard Brazon